mercredi 19 mars 2014

La pollution.


Il y a des jours où tu te sens vraiment moche et dégueulasse. Et bien ce matin, au réveil, ça n'a pas loupé. Je me suis sauvagement sentie moche et dégueulasse. Les cinq citrons pressés, la douche de vingt minutes au gel douche bien trop gommant, les trois couches de fond de teint et la sur-dose de parfum n'ont rien changé. Du coup, dès le premier pas dehors, autant vous dire que tout le monde me regardait bizarrement. Même que j'ai entendu un enfant de 3 ans dire à sa mère : « Regarde maman, t'as vu comme elle est moche la fille devant là ? ». Sale gosse. Ca parle déjà à cet âge là ?
Le truc où tu te sens vraiment pas bien dans tes baskets. Où l'eye liner difficilement mis après cinq cotons tiges pour effacer le trait noir mal mis te fait étrangement des yeux de panda et non de femme fatale. Bref, moche et dégueulasse. Tu te dis que cette journée va être longue, très longue. Et bien entendu, la journée fut longue, très longue.
Et puis, t'allumes la TV et tu zappes, zappes, zappes. L'actualité est exclusivement consacrée à la pollution, pollution, pollution. Et là, tu comprends. C'est donc ça, les effets de cette masse nuageuse et étouffante sur la tour Eiffel ? Mon dieu, ça n'a pas loupé, je fais donc partie des victimes de la pollution. Ce n'est donc pas le tabac, l'alcool, ni la fête et les garçons qui me ravagent, c'est cette foutue de pollution. De toute façon, je savais bien qu'un truc n'allait pas. Parce que depuis plusieurs jours, je ne suis pas dans mon état normal. Je ne supporte plus les gens, dans le bus, dans la rue, au travail, dans mes rêves. J'en arrive même à pousser un handicapé pour m'asseoir la première sur une place prioritaire, la dernière. Merde, j'avais au moins quinze bonnes minutes de trajet, faut pas abuser. Non mais vous voyez, c'est le drame. Plus aucune once d'humanité en moi, mon nombril va mal. J'ai même gueulé contre un type qui ne demandait qu'une allumette. Je l'ai incendié, « être sans couilles » ai-je hurlé. Ca y est, la folie, bientôt l'internement. C'est fini. La pollution.  

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