mardi 24 septembre 2013

Dans le feu de l'action

Je ferai impasse sur le vieux monsieur pas beau dans le bus qui discutait avec le conducteur de la victoire certaine de l'extrême droite, de mon coussin thermique qui a explosé dans le micro-ondes, et des ébats sexuels de mes voisins branchés sur haut parleur. 
Venons en directement aux faits. Hier soir, mes copines et moi avons assisté à une scène hors du commun, digne d'un grand thriller d'épouvante.


Boire des verres en terrasse est une activité que je ne pratique plus aussi souvent qu'avant. Peut-être l'arrivée dans l'âge adulte ou juste l'envie de se rouler en boule sous la couette devant une stupide comédie romantique chaque soir. Bref, j'en suis même arrivée au stade de planifier mes sorties et à penser à mes 10h consécutives de sommeil, mon dieu !

Mes copines et moi étions donc en train de déguster un bon petit vin rouge au Verre Luisant, quand on a été sauvagement interpellées (vous pouvez souligner la non utilisation correcte des temps du passé) par une masse d'individus criant au feu.

On pense d'abord à une bonne blague, parce que l'être humain en règle générale se fait bien chier avec son métro-boulot-dodo, mais non. On quitte nos chaises pour aller voir de plus près, et là, en effet, le feu est bien réel.
C'est à travers la grande fenêtre du 1er étage que j'aperçois un vieil homme aux cheveux blancs mettant lui-même le feu à son appartement.
Mais le pire, c'est que le vieil homme aux cheveux blancs me regarde avec insistance et se met à rire aux éclats. Je crois bien même qu'il essaie de me dire quelque chose mais très sincèrement, les quelques verres de vin rouge n'ont pas trop aidé. Alors oui, peut-être qu'il ne m'a pas vraiment regardée avec insistance, ni même essayé de me dire quelque chose, mais je peux vous assurer que le papi était en train de mettre le feu à son appartement en balançant des peintures, des bouts de rideaux and co dans un putain de feu de forêt et qu'il était clairement HAPPY.
Du coup, je me range avec les autres, je commence à crier au feu et surtout à appeler les pompiers.
Entre temps, on comprend que le papi a les clés de chez-lui dans sa poche de robe de chambre et qu'il s'est enfermé. Certains diront happening, d'autres coups de folie, moi je dirai: superbe idée pour mon prochain film.
Enfin voilà, tout ça pour dire qu'une fois que les deux camions plein à craquer de pompiers sont arrivés, le feu avait déjà été éteint par le gérant du Verre Luisant.
Je vous l'accorde, la douzaine de pompiers de moins de trente ans en plein travail m'a légèrement émoustillée, mais vraiment juste un peu. Parce qu'en fait, des pompiers en pleine action pour éteindre un feu déjà éteint, ça n'a rien d'excitant.
J'ai donc laissé tomber le fantasme du pompier à l'heure du goûter, je préfère finalement demander à mon mec de porter un casque et d'allonger sa perche, le résultat sera sûrement plus efficace.

Blague à part, le vieux papi était réellement en train de me sourire quand il attisait son feu. Du coup, depuis ce soir-là, je pense à lui, et ça me fait très peur.