dimanche 7 juillet 2013

Le résultat d’une année scolaire - Publication dans le Bonbon Est !

Un fou, un carnet de classe et du blabla.



Aujourd’hui, un mec pas comme les autres m’a arrêtée dans la rue pour me confier mon carnet de classe. C’est la fin de l’année scolaire m’a-t-il dit, Mlle Charlie, l’heure est grave.
La cour de récré est terminée. On interrompt les plans sur les comètes pour les vacances, de toute façon ta banque ne te laissera pas partir ailleurs qu’aux Buttes Chaumont cet été.
Bref, le carnet en poche, je file à l’appart’. Sauf qu’entre « le carnet en poche » et le « je file à l’appart’ », je me demande qui était ce mec pas comme les autres (un fou), et surtout comment ce mec a-t-il pu me suivre tout au long de cette année sans que je ne m’en sois aperçue (un fou). Un fait étrange additionné à un autre, ça donne une envie terrible de l’ouvrir, ce putain de carnet.
« Chère Mademoiselle Charlie,
Je suis une personne qui vous veut du bien.
Je suis ravi que vous ayez pris votre corps en main. Continuez le sport, vos abdos sont encore inexistants. Toutefois, il n’est pas nécessaire de vous prendre en photo dès que vous enfilez une paire de baskets. A ce jour, tous vos amis Facebook sont bien au courant, vous êtes une grande sportive. Evitez tout de même l’effet d’illusion. Une fois par semaine, c’est pas la mère à boire.
Le célibat vous colle à la peau. N’ayez crainte, vous vous en êtes très bien sortie cette année. Malgré quelques coups d’un soir désastreux (subterfuges pour oublier la solitude pesante dans une grande capitale), votre mental est d’acier. Indépendance et girl power. Attention néanmoins à ne pas tomber dans le ridicule.
Vous faites dorénavant partie de ces individus qu’on appelle les Parisiens, avec un P majuscule. Vous aimez vous caresser le nombril avec les deux mains. Les places prioritaires dans le bus sont à vous, vous ne saisissez pas le concept du métro et vous aimez vous rendre à pied du point A au point B, tout en pestant sur la lenteur de chaque piéton. Le dernier point est compréhensible, vous avez une vie, les autres on s’en fout, la vôtre est bien plus importante.
Apprenez à maîtriser votre frustration. Ce n’est pas parce que Blogueuse 1 et Blogueuse 2 reçoivent chaque matin dans leur boîte aux lettres un pot de Nutella à leur nom ou encore des invitations pour une rooftop party qui se terminera en tournante-pompiers-cauchemar qu’il faut verser sa larme.
Vous êtes forte. Je crois en vous et en votre destin.
Je vous laisse, en espérant que ces quelques annotations ne soient pas aussi superficielles que votre vie. Et n’oubliez pas, je suis une personne qui vous veut du bien. »