vendredi 8 mars 2013

Cher journal intime, j'ai perdu la tête

Cher journal intime,

Aujourd'hui, c'est la journée de la Femme. 
J'avais tout prévu, banderoles, seins à l'air et autres subterfuges pour défendre mon statut. Toutefois, mon corps en a décidé autrement, car me voici clouée au lit. 


Et pour me tirer une bonne balle dans le pied, j'ai opté pour le visionnage du film Amour d'Haneke, BAM. 
Un peu avant la fin, j'ai eu envie d'appeler des copines, histoire de me remonter le moral, sauf que mon Iphone a décidé de me faire un super tour de magie et de faire disparaître tous les numéros de mon répertoire. Et comme je suis une fille qui remet toujours tout au lendemain, je n'ai jamais synchronisé mon téléphone à mon compte Itunes. Du coup, le seul numéro dont je me souvenais, car je l'avais appris par coeur dès l'âge de 12 ans en cas d'urgence mondiale, c'était celui de ma maman. 
"ALLO, maman ? - Oui ma chérie, tu vas bien ? - Euh oui, oui ça va très bien et toi ? - Oui ça va, quel est l'objet de ton appel ? Non, en fait maman, ça ne va pas du tout !" Et là j'éclate en sanglots, je me plains, je lui dis que la vie est une pute ("Soigne ton langage ma fille."), que les garçons sont tous des cons, que mon travail ne me satisfait plus, que mon appartement est devenu trop petit, que Paris me rend malade, que je suis obèse, que j'aurais aimé avoir mes entrées pour la Fashion Week et blablabla. 
Après cet appel complètement stérile, j'ai décidé de faire du vide dans mon soit disant home sweet home qui n'était autre qu'une sorte de faux-cocon rempli de barres chocolatées et chips chimiques. J'ai donc tout foutu en l'air, oui par les fenêtres, les pigeons seront ravis. Après ça, je suis allée frappée à la porte de mon voisin et je lui ai gueulé: "T'es qu'un con !" et je suis rentrée chez-moi. Ensuite, j'ai jeté tous les éléments perturbateurs à mon bien-être soit: factures impayées, relances de factures impayées, photos argentiques de tous mes ex petits copains, cadeaux poussiéreux offerts à une occasion particulière soit à mes anniversaires par des amis ne connaissant clairement pas mes centres d'intérêt (désolée mais un oiseau qui fait cui-cui après avoir enclenché le bouton on ce n'est pas vraiment un super cadeau d'anniversaire mais plutôt un objet qui dit clairement que la personne qui me l'a offert ne savait vraiment pas quoi m'offrir, et bien dans ce cas, je pense que nous sommes d'accord, n'offrez rien !). D'ailleurs, j'ai essayé de me souvenir de l'imposteur qui a eu la brillante idée de m'offrir un cui-cui pour me tenir compagnie en cas d'isolement prolongé mais en vain. Et puis c'est en jetant les restes périmés du frigo que je me suis souvenue du nom de l'imposteur: moi-même. 
Tout m'est revenu, la plage, mes 7 ans, les quelques francs récoltés par-ci par-là, l'odeur des vacances et ce marchand à moustache. STOP. 

Les Petites aventures de Charlie s'achèvent ici, merci à tous pour votre soutien.
Mais non, je déconne, allez à demain !